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La réalisatrice

Reviews

Florence Miailhe

Biographie

Florence Miailhe en compagnie de Robert Lapoujade © Marc Pataut

Hammam
Schéhérazade
Les Oiseaux blancs, les oiseaux noirs
Matière à rêver
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RENCONTRE avec Florence Miailhe (Bref cinéma)

Née en 1956, à Paris, Florence Miailhe est diplômée de l’École nationale des arts décoratifs (spécialisation gravure). Elle travaille d’abord comme maquettiste dans la presse, tout en s’adonnant à une carrière artistique mêlant dessins, peintures et gravures qu’elle expose à diverses reprises. En 1991, sous les conseils du peintre Robert Lapoujade, ami de la famille, elle se tourne vers la réalisation du premier de ses huit courts métrages, Hammam, film-tableau de femmes au bain inspiré de ses voyages en Algérie.
Marquée par Le Mystère Picasso d’Henri-Georges Clouzot (1965), dans lequel le maître cubiste fait de sa peinture en mouvement l’espace d’une réinvention du suspense cinématographique, Florence Miailhe développe une technique singulière dite de « l’animation directe sous la caméra », ou « peinture animée », consistant à dessiner, effacer, recréer des mondes en constant renouvellement. Cette technique du recouvrement progressif des images et de l’enchevêtrement des supports (peinture, sable, pastel sec) permet notamment à la réalisatrice-dessinatrice de ménager la narration sans entamer la liberté de son dessin. Sensualité et abstraction en constituent les lignes de force, nourries des mystères de l’Orient. En effet, après Schéhérazade, mention spéciale du jury au Festival du court métrage de Clermont-Ferrand en 1996, Florence Miailhe réalise Histoire d’un prince devenu borgne et mendiant (1996), également emprunté aux contes des Mille et Une Nuits.
Son quatrième film, Au premier dimanche d’août, ou la folle chorégraphie d’un soir de bal populaire, librement adapté du court métrage de Jean-Daniel Pollet, Pourvu qu’on ait l’ivresse (1957), est récompensé en 2002 par le César du Meilleur court métrage. La même année, Les Oiseaux blancs, les oiseaux noirs, son premier film (court) de commande inspiré de Vie et enseignement de Tierno Bokar, un livre-essai de l’écrivain malien Amadou Hampâté Bâ sur le maître soufi, aborde la question du racisme dans une suite de tableaux-poèmes que l’on parcourt comme un livre d’images.
En 2006, Conte de quartier, fruit d’une nouvelle collaboration avec la romancière Marie Desplechin (après Schéhérazade), s’intéresse à la trajectoire d’une poupée qui passe de main en main, à la manière des boucles d’oreilles de Louise dans Madame de… de Max Ophuls (1953). Le film, tourné en couleurs et noir et blanc, Mention spéciale du Festival de Cannes, est suivi de Matière à rêver (2008), une nouvelle commande pour la télévision sur le thème de l’érotisme féminin. Enfin, avant de recevoir un Cristal d’honneur en 2015 au Festival international du film d’animation d’Annecy, Florence Miailhe coréalise Méandres en 2013, un film en sable animé, d’après les Métamorphoses d’Ovide.
Celle qui a pour modèles déclarés le Russe Youri Norstein (Le Conte des contes, 1979), la Canadienne Caroline Leaf (Entre deux soeurs, 1993) et le Français Jean-François Laguionie (Le Tableau, 2011), déroule une oeuvre originale, multicolore, vive – organique – et sensuelle. Que sa palette chatoie ou non de couleurs fauvistes, le corps féminin est l’une des thématiques récurrentes de son univers, riche de référents culturels.

Une oeuvre animée

filmographie

Reviews

Hammam _

Florence Miailhe – France – 1991 – Animation – 9’
Production : Paris Plage Productions
Distribution : Les Films de l’Arlequin

Synopsis

Deux jeunes filles se rendant pour la première fois au hammam vont nous guider & nous perdre…

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Extrait du court métrage

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Extrait du documentaire Le cinéma d’animation en France (2016)
Un film de Romain Delerps et Alexandre Hilaire, réalisé par Alexandre Hilaire

Vos films sont assez coquins et ont un graphisme très sensuel. Que ce soit évidemment dans Shéhérazade ou Hammam, les thèmes sont ici évidents, mais également dans Conte de quartier par exemple où des affiches de femmes nues accaparent le deuxième plan. Vous dévoilez beaucoup la nudité. Le corps, par la danse, est toujours à montrer mais paradoxalement c’est un dévoilement pudique, on jette une peau. Je suppose que vous avez, pour Hammam, beaucoup regardé Ingres et son odalisque…

Vous avez raison mais je ne sais pas comment je pourrais l’analyser. J’ai une formation de peintre et c’est vrai que ce qui m’intéresse c’est le corps, comment le corps se dévoile. Pas forcément se dévoile dans sa nudité, mais dans ses gestes, ou comment les gestes dévoilent le corps, comment le mouvement dévoile le corps et ça, je ne peux le faire qu’avec l’animation. Et puis le thème du nu du coup, par le mouvement, prend une autre dimension. Cela m’importe beaucoup. Voilà, ce sont des corps qui se racontent aussi bien dans Hammam que dans Shéhérazade. Le geste m’intéresse beaucoup. Dans Au premier dimanche d’août, pendant le bal, c’est comment les corps vont se dévoiler durant une danse, comment des corps, jeunes, plus âgés, se dévoilent en dansant. Dans Conte de quartier, c’est l’inverse, mettre en opposition des corps d’une crudité un peu choquante qui sont ceux de la publicité – et j’utilise des publicités qui existent bel et bien – et des corps anonymes au premier plan. Mettre en relation des corps qui passent et des corps publicitaires.

- CRITIKAT (Propos recueillis à Paris le 16 octobre 2006 par Carole Wrona)
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Shéhérazade par Florence Miailhe

Schéhérazade _

Florence Miailhe – France – 1995 – Animation – 16’20
Production : Paris Plage Productions Distribution : Les Films de l’Arlequin

Synopsis

Ce film raconte la légende inaugurale des Mille et Une Nuits. Ayant découvert, grâce à son frère, l’infidélité de son épouse, le sultan Schahriar sombre dans la démence. Ni le sacre des amants dans les jardins du palais, théâtre de leurs ébats, ni la découverte d’un génie encore plus infortuné, ni sa décision d’épouser puis de faire mettre à mort une jeune fille chaque nuit, ne comblent sa soif de vengeance. Seul le stratagème de Schéhérazade et de sa soeur calmera sa folie destructrice.

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Extrait du court métrage

Reviews

Histoire d’un prince devenu borgne et mendiant _

Florence Miailhe – France – 1996 – Animation – 16’

Synopsis

Au cours d’un voyage, une tempête écarte le prince Adjib de son itinéraire. Il accède alors à un monde surnaturel. Dans cet univers onirique où l’on croise génies et magiciennes, il cause, par naïveté et arrogance, la perte de trois personnes, un bel adolescent, une jolie maîtresse et une magicienne amoureuse. Éprouvé mais non corrigé, il fuit les désastres qu’il génère : rejeté de rive en rive, transformé en singe, il finit borgne et misérable sans jamais regretter sincèrement les drames dont il fut la cause.

"Au premier dimanche d’août" : le bal des sons et des couleurs _

Focus sur le quatrième court métrage animé de Florence Miailhe, récompensé d’un César en 2002, et qui fête cette année ses 20 ans.

Seul, en couple, en famille ou entre amis, des grappes de gens pressent le pas vers la place du village. On est au cœur de l’été, le grand bal va commencer. Florence Miailhe met ainsi en scène son quatrième court métrage, Au premier dimanche d’août, réalisé et peint par ses soins en 2000.

Fille de la peintre Mireille Miailhe, Florence Miailhe a très tôt pratiqué la peinture et la gravure, tout en travaillant comme maquettiste pour la presse écrite. Elle s’essaie pour la première fois à la réalisation en 1991 avec Hammam. Très vite, son animation à base de peinture, de pastel ou de sable est remarquée dans les festivals. Après une première collaboration avec la romancière Marie Desplechin pour Schéhérazade et un troisième court, Histoire d’un prince devenu borgne et mendiant – qui narrait le destin funeste d’un homme qui apporte la mort à ceux qu’il aime –, elle s’est lancée dans la réalisation d’Au premier dimanche d’août.

Le court métrage a nécessité un an et demi de travail et se veut un hommage au village de ses parents, Cabrespine dans l’Aude, où elle venait passer ses vacances d’été. L’accent du Sud chante d’ailleurs dans Au premier dimanche d’août, un film qui s’écoute (à partir de sons d’ambiance et de dialogues issus directement des bals de village et non de comédiens les recréant en studio) autant qu’il se regarde. Des corps qui s’enlacent et tourbillonnent, des piliers de bar qui refont le monde, des chiens qui traversent la place comme si de rien n’était, un bébé qui pleure avant de se calmer dans les bras de sa mère au rythme de la musique de l’orchestre, les premiers flirts, les sempiternelles bagarres… Voilà les moments qui peuplent les onze minutes de ce film où les couleurs ne cessent de s’entremêler dans une chatoyante communion.

Au premier dimanche d’août est peint au pastel gras. Florence Miailhe a dessiné ses personnages sur une planche de verre éclairée par en dessous. Pour les faire bouger à 24 images par seconde, elle a effacé à chaque fois une partie du dessin. Petit à petit, au fil des danses puis de la bagarre générale qui éclate, son film bascule du réalisme vers l’onirisme, porté par les créations musicales du compositeur et clarinettiste Denis Colin. Celui-ci nous entraîne, dans un geste artistique perpétuellement fluide, d’une ambiance musette à des rythmes africains. Un parfait écho à ses propres albums en solo ou en trio qui explorent aussi bien le free jazz que les musiques du monde.

Seul film d’animation en lice dans la catégorie court métrage, Au premier dimanche d’août a remporté le César en 2002. Depuis, Florence Miailhe a signé quatre autres courts. En 2021, on découvrira son tout premier long métrage d’animation, La Traversée, coécrit avec Marie Desplechin. Le voyage initiatique de deux enfants perdus sur les routes de l’exil – après que leur village a été pillé – en quête d’un nouveau monde qu’ils découvriront rongé par la chasse aux migrants.

CNC – 22 octobre 2020

Au premier dimanche d'août _

Florence Miailhe – France –
2000 – France – Peinture animée – 11 minutes

Synopsis

Par une brûlante soirée estivale, on entend les scooters circuler : c’est l’heure. Tout le monde se rend au bal du village ! La fête s’échauffe doucement, au gré des oscillations de couleurs raffinées. Sur la piste de danse, le rythme et les émotions s’intensifient…

Les corps s’enlacent et s’emballent, sublimés par la peinture de Florence Miailhe. Une ballade touchante, au corps à corps entre réalisme de la bande sonore et onirisme de l’animation.

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Extrait du court métrage

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Les Oiseaux blancs, les oiseaux noirs _

Florence Miailhe – France – 2002 – Animation – 4’
Les Films du Village

Synopsis

Une parabole sur le bien et le mal inspirée par un conte africain. Les oiseaux blancs symbolisent les bonnes pensées et les bonnes paroles, alors que les oiseaux noirs représentent les mauvaises pensées et les mauvaises paroles. L’homme qui envoie des oiseaux blancs aux autres recevra des bonnes pensées en retour, au contraire des oiseaux noirs qui attirent le mauvais.

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Extrait du court métrage

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Florence Miailhe « Le film peint », Ciné St Leu, Hot Prod 2013

Dans Les Oiseaux noirs, les oiseaux blancs, court-métrage arénophile, donc fait avec du sable, vous avez joué avec l’enseignement de Tierno Bokar relaté par Amadou Hampaté Bâ. Ce sage, pour faire passer une idée, une réflexion, opérait par image et dessinait toujours des formes sur le sable avec sa baguette. Comment avez-vous travaillé cette matière ? ”

Alors, effectivement, le sable se justifie pleinement pour la réalisation de ce court. Ce court, au départ, devait être inclus dans un documentaire consacré à Tierno Bokar. Le réalisateur avait bien insisté sur cette façon de faire de Tierno Bokar, le sable. Et puis, par rapport aux matières de l’Afrique, le sable convenait parfaitement de toutes façons. Il y a pas mal de mélange dans la technique, ce n’est pas exclusivement du sable, il y a de la peinture à l’huile aussi. J’ai joué sur des niveaux différents. De temps en temps, il y avait le sable au-dessus et puis j’écartais le sable et il pouvait y avoir autre chose en dessous. Ou bien, inversement il y avait quelque chose au dessus, j’écartais la peinture et il pouvait y avoir le sable en dessous. Alors, j’ai aussi éclairé le sable pas comme on a l’habitude de le voir, il est normalement éclairé par en dessous et donc le sable est souvent noir et moi, j’ai éclairé par en dessous et par au dessus, ce qui fait que l’on peut voir des couleurs différentes dans le sable. J’ai utilisé plusieurs sables différents aussi. Après, c’est vrai que le sable permet une animation de transformation, c’est très agréable, il suffit de le pousser un peu et une forme apparaît, les choses se font presque toutes seules.”

- CRITIKAT (Propos recueillis à Paris le 16 octobre 2006 par Carole Wrona)
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La Réalisatrice évoque son film, Court Circuit, Arte

Conte de quartier _

Florence Miailhe – France – 2006 – Animation – 15’

Synopsis

Sept personnages principaux vivent une journée mouvementée dans un quartier en rénovation situé au bord du fleuve. Ici, on se croise sans se voir, une poupée passe de mains en mains…

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Extrait du court métrage

Reviews

Matières à rêver _

Florence Miailhe – France – 2009 – Animation – 6’
Paraiso Production Diffusion

Synopsis

Trouver matière à fantasmer dans la manière même de peindre. Matières à rêver s’improvise, comme on peut improviser, en amour, en fonction de sa fantaisie, de son partenaire, du temps qu’il fait, du lieu.

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Métamorphoses _

Florence Miailhe – France – 2012 – Animation (Sable animé) – 5’ (X6)
Mathilde Philippon, Elodie Bouedec et Florence Miailhe
Une production Les Films de l’Arlequin / Vivement Lundi / La Fabrique

Synopsis

Tout en haut d’un rocher qui surplombe la mer jaillit un fleuve.
Parfois calme parfois tourbillonnant, il est lui-même métamorphose permanente. Ce fleuve était à l’origine un jeune homme, Acis, qui filait avec la néréide Galatée un amour parfait jusqu’au jour où, fou de jalousie, le cyclope Polyphème, l’écrase sous un rocher. Galatée, use alors de son pouvoir pour lui donner l’immortalité.
Au fil du fleuve Acis, dans les lieux qu’il traverse, de sa source à la mer, différentes créatures se rencontrent, monstres, divinités ou simples mortels. Ses eaux vont refléter leurs passions, leurs conflits et seront témoins de leurs métamorphoses.
Actéon surprend Diane et ses suivantes dans les bassins de la rivière.
Encore un peu plus loin, la nymphe Salmacis entraîne Hermaphrodite dans les eaux transparentes d’un lac.
En descendant, le fleuve arrose la plaine. Des vaches paissent gardées par Argus aux cent yeux ; l’une d’elle est en réalité, Io, fille d’Inachus.
Enfin arrivant aux rivages, Acis traverse la grotte de Scylla avant de se jeter dans la mer où Ino se précipitera pour échapper à son mari Athamas devenu fou.
C’est ainsi que l’on peut encore voir aujourd’hui, inscrites dans le paysage, les traces des évènements qui s’y sont déroulés.

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Méandres _

Florence Miailhe – France – 2013 – Animation – 23’13
Écrit par Marie Desplechin et Florence Miailhe
Une coproduction Les Films de l’Arlequin / ONF / ARTE France

Synopsis

Acis, l’amant de la néréïde Galatée, a été tué par le cyclope fou de jalousie. Mais Galatée transforme le sang de son malheureux amant en fleuve. Au fil du fleuve Acis, dans les lieux qu’il traverse, de sa source à la mer, différentes créatures se rencontrent, monstres, divinités ou simples mortels. Ses eaux vont refléter leurs passions, leurs conflits et seront le témoin de leurs métamorphoses.

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4 courts pour Arte _

2012-2015
Quatre courts métrages de 4’
Pour l’émission Karambolage d’ARTE
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L’écran d’épingles Alexeïeff / Parker _

En 1933, Alexandre Alexeïeff et Claire Parker inventent pour réaliser leur film Une Nuit sur le Mont Chauve, une technique d’animation qui fascine le public depuis près de 90 ans : l’écran d’épingles.

Le principe de l’écran d’épingles est une trame de pointes traversant une surface blanche, qui, éclairées obliquement, donnent naissance à autant d’ombres portées plus ou moins longues selon la saillie des épingles sur la surface blanche.

L’image peut être créée à l’aide d’objets de toutes formes, en enfonçant les épingles jusqu’à obtenir la tonalité de gris et la forme désirée dont on retrouve l’exact négatif au verso. Pour créer leurs images, le couple a collecté, transformé ou conçu un grand nombre d’objets (rouleaux, anneaux, etc.). Par pression sur les épingles, chaque outil permet d’obtenir un rendu différent à la surface blanche de l’écran que la lumière viendra révéler en fonction de la saillie de chaque épingles ainsi provoquée. Photographiés image par image, les tableaux obtenus seront modifiés au gré de l’artiste et s’animeront une fois projetés à 24 images par seconde.

Presque tous les films dits de spectacles du couple – dont l’adaptation de la nouvelle de Gogol, Le Nez (1963) – sont conçus sur cette idée où, par la danse des images, ils apportent leur propre interprétation de créations musicales et littéraires.

25, passage des oiseaux _

Florence Miailhe – France – 2019 – Animation (écran d’épingles) – 3’45
Réalisation : Miailhe, Florence

Synopsis

Une femme regarde par la fenêtre les souvenirs qui sont en elle : Silhouettes, personnages à têtes d’oiseaux et autres chimères se succèdent au sein de paysages où animaux et ombres fantomatiques évoluent sous ses yeux.

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Synopsis _

Dans la mer, un homme nage. Au fur et à mesure de sa progression les souvenirs remontent à la surface. De sa petite enfance à sa vie d’homme, tous ses souvenirs sont liés à l’eau. Certains sont heureux, d’autres glorieux, d’autres traumatiques. Cette histoire sera celle de sa dernière nage. Elle nous mènera de la source à la rivière – des eaux des bassins de l’enfance à ceux des piscines – d’un pays d’Afrique du nord aux rivages de la Méditerranée – des stades olympiques aux bassins de rétention d’eau – des camp de concentration aux plages rêvées de la Réunion. L’homme finira par disparaitre dans le bleu infini de la mer.

Reviews

Un nouveau court métrage en fabrication

Nageur Papillon _

court métrage – 15′ – développement

RÉALISATION : Florence Miailhe
SCÉNARIO : Florence Miailhe
PRODUCTION : Sacrebleu Productions & Xbo films
TECHNIQUE : peinture à l’huile sur toile

Avec le soutien du CNC (FAIA – Aide au développement / Aide à la diversité), de la Région Occitanie, de Toulouse Métropole, de la Marie de Paris, de la Procirep et de l’Angoa.
Avec la participation d’Arte

point de vue

Regard sur le cinéma d’animation de Florence Miailhe

Par Jacques Kermabon

Aux origines _

Hammam, Florence Miailhe, 1991, 9 min, peinture animée © Paris Plage Productions

Hammam (1991), le premier film de Florence Miailhe, ne raconte aucune histoire. Inspiré de croquis qu’elle a exécutés dans cet espace d’intimité féminine, il dépeint des moments, des situations, une ambiance. Elle y affirme un ton, des couleurs, une manière bien à elle d’animer ces scénettes à même la matière picturale.
Elle conserve sa technique pour ses films suivants, coécrits avec Marie Desplechin d’après des contes célèbres (Schéhérazade, 1995) ou inspirés, par exemple, de fêtes villageoises du sud de la France (Au premier dimanche d’août, 2000). Elle a travaillé seule sur une surface modifiée par touches successives, mais, assez vite, a joué de plusieurs couches superposées, le multiplan.

La sève biographique de "La Traversée" _

« Toute ma vie, j’ai dessiné. C’est papa qui m’a offert mon premier carnet. » Ces mots, qui ouvrent La Traversée, sont ceux du personnage principal, Kyona, qui, devenue adulte, feuillette un carnet de croquis et évoque Novivarna, un village d’enfance imaginaire que sa famille a été obligée de fuir.
Toute son enfance, la réalisatrice a vu sa mère, la peintre Mireille Miailhe, noircir quantités de carnets, croquant sur le vif sa vie quotidienne, le bain des enfants, des activités ménagères, des personnes de son entourage, proches ou voisins. Le personnage de la jeune Kyona est nourri de ce souvenir. Certains de ses croquis sont même inspirés des dessins de Mireille, fille d’une famille ayant fui les pogroms d’Odessa pour la France en 1905.
Ce souci de se nourrir d’une observation du monde est aussi au coeur de la pratique de Florence Miailhe.

La peinture animée _

La rue, Caroline Leaf, 1976, 10 min, peinture animée
© Office national du film du Canada

On peut faire remonter la peinture animée, une des branches du cinéma d’animation, aux origines de ce mode d’expression, aux dessins peints à la main sur des bandes en gélatine par Émile Reynaud pour ses Pantomimes lumineuses, projetées à partir de 1892 au musée Grévin.
Empruntant, c’est selon, le pastel, la gouache, la peinture à l’huile, l’acrylique sur des supports aussi divers que le papier, la toile, le cellulo, le calque ou le verre, la peinture animée est l’expression choisie par plusieurs artistes contemporains dont Jochen Kuhn, Caroline Leaf, Gianluigi Toccafondo, Alexandre Petrov, Georges Schwizgebel, Theodore Ushev et… Florence Miailhe.

Le mouvement comme métamorphose _

Une scène de La Traversée peinte sur verre
© Patrick Zachmann/Magnum Photos

La peinture animée ne relève pas vraiment du « dessin animé », qui, image par image, se soucie de la fluidité des déplacements et des actions jusqu’à parfois se calquer sur des enregistrements réalistes comme lorsqu’il use de la rotoscopie. Elle ne singe pas non plus les effets mis en place par l’art pictural pour figurer le mouvement. Le mouvement naît des mutations progressives de la matière, motifs, couleurs, densités, textures, épaisseurs du trait et de la trace même de ce travail, fruit et source d’incessantes métamorphoses.

Sans espoir de retour _

Le procédé de réalisation
© Patrick Zachmann/Magnum Photos

Florence Miailhe commence par peindre un tableau (ou plus dans le cas du multiplan) et, l’objectif fixé perpendiculairement à l’axe du support peint, prend
un cliché avec un appareil (caméra autrefois, appareil photo numérique aujourd’hui). Puis, sur celui-ci, la réalisatrice appose quelques touches qui modifient insensiblement l’image, enregistrée à nouveau. Ainsi s’écrit progressivement le mouvement. Pour le dire sommairement, chaque intervention picturale efface un peu de l’image précédente tout en laissant en partie visible la trace de ce changement. L’image initiale tend à disparaître sous les nouvelles couches apposées successivement. Impossible de repartir à zéro, le film avance, touches par touches, sans espoir de retour.

Un travail d’atelier _

Les peintres du film au travail au studio de La Ménagerie © Patrick Zachmann/Magnum Photos

La chaîne de fabrication du dessin animé sur cellulo, par excellence chez Disney, s’inspire du taylorisme.
Le film est programmé, il s’agit d’en gérer l’équipe d’exécution. Tout au contraire, dans la peinture animée, chaque touche apposée relève d’un geste singulier avec la part d’incertitude que ce processus créatif induit. Envisageable sur une durée courte, ce mode de création individuel est impossible pour un long métrage sauf au prix de longues années ou en optant pour une simplification radicale du trait. Florence Miailhe a dû se résoudre à déléguer son travail, un peu à la façon des ateliers des peintres de la Renaissance. Il a fallu répartir le travail entre les décors et les personnages, recruter une équipe, pas de simples exécutants mais des talents, en repérant chez chacun points forts et aptitude à s’inspirer du travail de Florence Miailhe, de son esprit, tout en conservant la part de geste individuel que comporte son animation.
La Traversée est le tout premier long métrage d’animation réalisé en peinture à l’huile sur verre.

Distinctions

Récompenses _

Nommé aux César du meilleur film d’animation (long-métrage)
Nommé aux Tributes Cartoon Movie dans la catégorie “Réalisateur.trice européen de l’année”
Mention Spéciale du Jury au festival d’animation d’Annecy
Prix du Public au festival Animation Is Film de Los Angeles
Prix du meilleur Long métrage au festival Animest de Bucarest
Prix de l’innovation Daniel Langlois et le prix Audencia au Festival du Nouveau Cinéma de Montréal
Grand Prix, le Prix du Public et le Prix Spécial (Diversity Award) au Bucheon Animation Film Festival
2e Prix ex-Aequo au Future Film Festival de Bologne
Prix du jury au Zlin Film Festival (République Tchèque)
Prix Partenaire Be TV au festival Anima de Bruxelles
Mention Spéciale au festival IndieJunior de Porto
2e Prix ex-Aequo au Future Film Festival de Bologne
Meilleur film d’Animation à l’International Cinephile Society
Prix France 24 au festival du film français organisé par l’Institut Français à Rome
Prix du Jury de la Monstra de Lisbonne
Mention Spéciale du Public au festival d’Assen (Pays-Bas)
Prix André Martin au Festival National d’Animation de Rennes
Prix du Public au Amman International Film Festival (Jordanie)
Le Castello d’argento, Prix Fuori le Mura, Prix ASPI, ECFA Award au festival de Castellinaria (Suisse).
Prix des Jeunes détenus DOK Leipzig
Prix du Jury jeunes Big Cartoon Animation Festival (Moscou)
Prix de la meilleure bande son audiodescription 2021
Prix du Public + mention spéciale du Jury Animafest (Croatie)
Meilleure animation Silk Road IFF (Chine)

Sélections _

Festival d’Annecy 2021, Palm Springs IFF (USA), Cinéfranco (Canada), Ale Kino IFF (Pologne), Animateka (Slovénie), GIRAF animation festival (Canada), Miami Jewish Film Festival (USA), Animalab (Géorgie), Festival international du cinéma francophone en Acadi (Canada), Black movie Festival (Suisse), Dok Leipzig (Allemagne), Zlin Film Festival (République Tchèque), Future Film Festival (Italie), Torino FF (Italie), Leiden IFF (Pays-Bas), Big Cartoon Festival (Russie), El Gouna Film Festival (Egypte), New Talent festival Prime the Animation (Espagne), Antalya Film Festival (Turquie), Warsaw IFF (Pologne), Animest (Roumanie), San Sebastian IFF (Espagne), Festival du Nouveau Cinéma (Canada), Cinemagic Belfast International Film Festival (Irlande), BFI London Film Festival (UK), Animatou (Suisse), Animation is Film (USA), BIAF (Corée du Sud), FICG- Guadalajara (Mexique), Fantoche Animation IFF (Suisse), Haifa IFF (Israël), Sarajevo IFF (Bosnie), Festival national d’animation de Rennes, Festival Liberec (Rep. Tchèque), Anima Fest (Croatie), Amman International Film Festival (Jordanie) …

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